Ce que je craignais par rapport au film Gourou et Ă  la communication trĂšs Ă  charge autour du mĂ©tier de coach s’avĂšre malheureusement ĂȘtre une rĂ©alitĂ©, Ă  la lumiĂšre de cette vidĂ©o que je vous partage, issue de l’interview de Pierre Niney.

Et je tiens ici à m’opposer clairement à ce qui est dit.

Pas par posture défensive.
Pas pour « protéger une profession ».
Mais parce que ce discours est scientifiquement discutable, et qu’il entretient une confusion profonde entre simplification idĂ©ologique et rĂ©alitĂ© du fonctionnement humain.


❌ Non, le coaching ne nie pas la complexitĂ© du rĂ©el

Il l’explique.

Dans la vidéo, il est reproché au coaching de :

  • simplifier excessivement le monde,
  • nier les dĂ©terminismes sociaux,
  • individualiser Ă  outrance les problĂ©matiques,
  • culpabiliser les personnes avec le fameux « quand on veut, on peut ».

Sur le papier, la critique peut sembler pertinente.
Mais elle repose sur une compréhension erronée de ce que font réellement les neurosciences
 et le coaching sérieux.


🧠 Le point central oubliĂ© :

nous ne vivons jamais la réalité, mais le ressenti que notre cerveau en construit

Deux personnes peuvent vivre exactement la mĂȘme situation objective :

  • mĂȘme contexte social,
  • mĂȘmes contraintes,
  • mĂȘmes Ă©vĂ©nements,

👉 et en ressortir avec des Ă©motions totalement diffĂ©rentes.

Pourquoi ?

Parce que le cerveau humain ne traite pas la réalité telle quelle.
Il la filtre Ă  travers :

  • son histoire,
  • ses expĂ©riences passĂ©es,
  • ses peurs,
  • ses croyances,
  • son niveau de stress,
  • son Ă©tat Ă©motionnel du moment.

👉 Ce que nous appelons “rĂ©alitĂ© vĂ©cue” est une construction neurologique.

Ce point est fondamental.
Et il est totalement absent du discours tenu dans la vidéo.


✔ Oui, nous sommes conditionnĂ©s

❌ Non, nous ne sommes pas prisonniers de ces conditionnements

Il est vrai que :

  • notre milieu social nous influence,
  • notre Ă©ducation nous structure,
  • notre histoire laisse des traces,
  • notre environnement peut ĂȘtre anxiogĂšne.

Mais les neurosciences sont formelles sur un point :
👉 le cerveau est plastique.

La neuroplasticité démontre que :

  • nos circuits neuronaux se modifient tout au long de la vie,
  • nos rĂ©ponses Ă©motionnelles peuvent ĂȘtre recalibrĂ©es,
  • nos schĂ©mas automatiques peuvent ĂȘtre dĂ©sappris,
  • nos interprĂ©tations peuvent Ă©voluer.

Si tout était figé par le contexte,
👉 aucune thĂ©rapie, aucun apprentissage, aucun changement ne serait possible.

Or, nous savons aujourd’hui que :

  • le stress chronique peut ĂȘtre rĂ©gulĂ©,
  • l’anxiĂ©tĂ© peut diminuer,
  • les comportements peuvent changer,
  • la perception de soi et du monde peut Ă©voluer.

Ce n’est pas une croyance.
C’est de la biologie cĂ©rĂ©brale.


⚠ ResponsabilitĂ© individuelle ≠ culpabilisation

C’est ici que le dĂ©bat devient dangereux.

Dire que l’individu a une responsabilitĂ© dans ce qu’il ressent
ne signifie PAS :

  • qu’il choisit ce qu’il ressent,
  • qu’il est coupable de ce qu’il vit,
  • que le contexte n’existe pas.

👉 Cela signifie qu’il a une marge d’influence sur la maniùre dont son cerveau traite ce qu’il vit.

Les émotions ne sont pas choisies.
Mais la façon dont elles sont entretenues, amplifiĂ©es ou apaisĂ©es peut ĂȘtre travaillĂ©e.

Refuser cette idĂ©e, c’est :

  • retirer tout pouvoir d’action Ă  l’individu,
  • le rĂ©duire Ă  une victime passive de son contexte,
  • nier ce que les neurosciences dĂ©montrent depuis des dĂ©cennies.

❌ Le coaching ne dit pas « si tu veux, tu peux »

✔ Il dit : « voilĂ  comment ton cerveau fonctionne »

Un coaching sérieux ne promet pas de solution magique.
Il ne nie ni le collectif, ni le contexte, ni la complexité.

Il fait exactement l’inverse :

  • il met de la conscience lĂ  oĂč il y avait de l’automatisme,
  • il remet de la comprĂ©hension lĂ  oĂč il y avait de la confusion,
  • il redonne de l’autonomie lĂ  oĂč il y avait de l’impuissance.

👉 Clarifier le fonctionnement du cerveau, ce n’est pas simplifier le monde.
👉 C’est Ă©viter que le cerveau ne simplifie Ă  notre place
 de façon anxiogĂšne.


🧠 Et sur la santĂ© mentale ?

Dire que la santĂ© mentale est devenue une variable d’ajustement d’une sociĂ©tĂ© malade n’est pas faux.

Mais conclure que l’individu n’a pas de levier sur son fonctionnement interne est une impasse.

Attendre que le monde change pour aller mieux,
👉 c’est laisser son cerveau en pilotage automatique.

Les neurosciences montrent que :

  • mĂȘme dans un contexte imparfait,
  • mĂȘme dans une sociĂ©tĂ© sous tension,
  • le cerveau peut apprendre Ă  rĂ©guler, Ă  s’adapter, Ă  retrouver de la souplesse.

Ce n’est pas de l’individualisme.
C’est de la responsabilisation consciente.


đŸŒ± En conclusion

Le vrai danger n’est pas le coaching.
Le vrai danger, c’est :

  • la caricature,
  • l’amalgame,
  • la confusion entre dĂ©rive et accompagnement sĂ©rieux.

Les neurosciences ne soutiennent ni le fatalisme,
ni la positivité toxique.

Elles montrent une voie exigeante et nuancée :
👉 nous sommes influencĂ©s, mais pas condamnĂ©s
👉 nous ne choisissons pas nos Ă©motions, mais nous pouvons apprendre Ă  les transformer
👉 changer sa maniĂšre de voir les choses, c’est littĂ©ralement changer sa rĂ©alitĂ© vĂ©cue

Et ça, ce n’est pas une idĂ©ologie.
C’est du fonctionnement cĂ©rĂ©bral.